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Le Laboratoire d'anatomie des Alpes françaises ou LADAF n'est pas un laboratoire au sens usuel, pourtant, ce lieu d'enseignement et de recherche est emblématique de notre faculté de médecine. Après un passé riche, la récente rénovation a insufflé au LADAF et à l’anatomie une nouvelle vie. Le LADAF est une magnifique école de compagnonnage : 4 professeurs titulaires, 2 assistants hospitalo-universitaires, 1 responsalbe administrative et financière, 1 Personne Compétente en Radioprotection, 1 thanatopracteur, 1 aide thanatopracteur, 25-30 moniteurs d'anatomie, étudiants ou médecins ayant validé des enseignements, pour encadrer les travaux des plus jeunes.

Une rénovation réussie
Dans les années 1990, les risques biologique et chimique qui entourent la manipulation des tissus humains inquiètent les anatomistes grenoblois. Pour y faire face, le LADAF se modernise. Il instaure un environnement para-chirurgical autour des pratiques anatomiques, puis en 2011, la faculté de médecine vient compléter cet effort en prenant en charge une rénovation complète des locaux selon quelques partis pris décrits par le professeur Philippe Chaffanjon, son directeur : "D'abord travailler selon les normes d’hygiène et de sécurité, face aux risques chimiques et infectieux, avec un outillage proche de celui utilisé en clinique. Créer un cadre le plus esthétique possible, voire artistique. Mêler les bases fondamentales laissées par les anciens et les projets les plus modernes." L’organisation des lieux est revue, la circulation d'air refaite... Aujourd'hui, le LADAF inspire la sérénité.
Pour les étudiants
Ses premiers bénéficiaires sont les étudiants. "Pour la plupart des étudiants, la dissection est le premier contact physique avec la mort. Pour un futur soignant, c’est un moment traumatisant mais important, et qui le restera. L'apport du corps anatomique n'est pas prêt d'être remplacé. Les conditions de travail au LADAF sont maintenant proches de celles de l’hôpital, cela rend la dissection aussi peu traumatisante que possible. De plus, les étudiants y apprennent des règles qu’ils appliqueront toute leur vie dans leur pratique clinique. Depuis les travaux, nous retrouvons des étudiants curieux, en demande, passionnés." raconte le professeur Philippe Chaffanjon.

TP d'anatomie pour les étudiants en DGFMS2 et TP de suture pour les étudiants en maïeutique
Le LADAF assure des enseignements obligatoires, en deuxième année pour des travaux pratiques de dissection sur les membres et des démonstrations sur la tête et le tronc, et en quatrième année pour apprendre les bases des sutures aux médecins et aux sage-femmes. Le LADAF est ouvert aux étudiants en double-cursus. Il anime des enseignements optionnels : Anatomie générale et morphogenèse et Neuro-anatomie renforcé et accueille des stagiaires en master Ingénierie de la santé.
Pour de nouvelles recherches
"La recherche en anatomie a d'abord décrit les structures, les variations puis les anomalies. Aujourd’hui, tout a été décrit et l’anatomie se tourne vers la corrélation anatomie/imagerie, la modélisation et la représentation des formes et des mouvements pour passer à une anatomie tridimensionnelle, recherche sur l'outillage chirurgical ou des techniques opératoires." explique l'anatomiste.

Le LADAF poursuit le développement de l'école d'anatomie grenobloise sur la modélisation numérique de l’embryogenèse ou du fonctionnement de la marche, du cœur, du larynx... Ses applications sont nombreuses : pédagogie par simulation, modélisation de la genèse d'une pathologie, d'une malformation, des interactions de systèmes complexes comme les systèmes vasculaire et respiratoire, la chirurgie assistée, la robotique ou l'adaptation de prothèses...
Pour de nouveaux publics
Beaucoup de ces travaux dépassent le domaine strictement médical, attirant vers le LADAF des ingénieurs et des chercheurs en mathématiques appliquées, informatique, acoustique ou biomécanique.
Depuis 1995, le LADAF accueille également de plus en plus de séminaires et de workshops pour divers corps de métiers de santé : infirmières du bloc opératoire, pharmaciens, dentistes, anesthésistes, chirurgiens installés, industriels de l'outillage médical... "Avec la qualité des locaux, en 2012, 600 personnes externes ont travaillé ici. En 2013, ce nombre de visites a été atteint en 6 mois" se réjouit le directeur.
Le don du corps
Il y a très longtemps que le laboratoire d’anatomie n’accepte plus les corps de défunts non réclamés mais uniquement ceux de donateurs volontaires et éclairés. Dans le cadre du don de corps, un donateur décide de son vivant de faire don de son corps au laboratoire d’anatomie à des fins d’enseignements et de recherche scientifique. C’est un véritable contrat signé entre le donateur et le LADAF. Le LADAF cultive un profond respect pour le corps humain et pour tous ces individus qui, de leur vivant, ont décidé de faire don de leur corps pour le progrès de la médecine. Les membres du LADAF veillent à ce que tous les utilisateurs du laboratoire soient conscients de la valeur humaine que représente le matériel anatomique et qu’ils respectent les mêmes règles d’éthique que celles de toute pratique médicale.
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