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Histoire de nos hôpitaux et du laboratoire d'anatomie

Histoire de nos hôpitaux : les lieux et les liens hospitaliers et universitaires

batiment_jean_roget_250.jpgLa faculté, pour sa naissance avait reçu du conseil général les terrains du domaine de la Merci qui jouxtaient ceux de l’hôpital civil : énorme avantage pour toutes les disciplines venues occuper en 1968 leurs nouveaux locaux au sein du bâtiment Jean Roget. Avec elles, le laboratoire d’anatomie a bénéficié de cette proximité de l’hôpital et des échanges nécessaires à son activité. L’hôpital s’est transformé avec l’ouverture en 1973-1974 du bâtiment Michallon. Il fut conçu avec une architecture hospitalière nouvelle, avec un  rassemblement des activités de soins autour des plateaux techniques, pour servir une médecine de plus en plus technique et efficace. Les missions de CHU pouvaient pleinement s’exercer et se développer dans cette symbiose exceptionnelle des structures de recherche, d’enseignement et de soins et la mise à disposition des moyens de haute technologie dans les laboratoires hospitaliers de biologie et d’imagerie. Plus tard, ce seront des instituts de recherche qui viendront s’implanter sur ce même territoire de l’hôpital pour former l’ensemble d’un campus santé regroupé le long de la courbe de l’Isère.

hopital_notre-dame_250.jpgLe chemin avait été long pour ce devenir lié, hospitalier et universitaire. Le sens même de l’hôpital moderne a tardé à s’individualiser sur les missions de soins autour de la maladie. Pendant plusieurs siècles les premiers hôpitaux dispersés dans Grenoble n’avaient vraiment de rôle que d’assister les déshérités. Un premier regroupement s’est fait au XVIIe siècle sur un hôpital général, l’hôpital Notre-Dame, près de l’eau de l’Isère, comme beaucoup de ces hôpitaux en France, pour en mieux assurer l’approvisionnement et les évacuations putrides. Sous l’ancien régime cet hôpital-hospice était surtout un lieu d’enfermement des miséreux, des ‘’fous’’ ou des contagieux.

C’est au siècle suivantfronton_sculpte_250.jpg que s’est mieux organisé le soin aux malades avec une activité de chirurgie d’abord pour les blessés de guerre, plus largement ouverte ensuite. On garde de cette période les traces d’une ébauche d’école de chirurgie avec même la nomination d’un premier professeur d’anatomie à Grenoble, initiative alors purement hospitalière en face du vide universitaire médical. De cet hôpital situé non loin de la rue de Belgrade et démoli depuis, il reste le fronton sculpté de la façade, transposé maintenant devant le bâtiment administratif du CHU.

hopital_civil_h200.jpgEn 1913 l’hôpital civil rejoint l’hôpital militaire pour former avec lui le quartier des hôpitaux sur la commune de La Tronche, hors les murs de la cité. Il est organisé dans une architecture pavillonnaire pour séparer les pathologies et isoler les contagieux, toujours au bord de l’eau mais à l’air de la ‘’campagne’’, qualité plus tard mise à profit pour le traitement des tuberculeux.

Les locaux d’enseignement transférés rue Lesdiguières avaient accueilli le premier laboratoire d’anatomie. Sur l’hôpital civil, d’emblée, deux pavillons avaient été destinés à la chirurgie où ont exercé les premiers anatomistes-chirurgiens. C’est dans cet hôpital fait de pavillons distribués aux différentes pathologies que se sont établis les contours des futurs pôles du centre régional universitaire, CHU d’aujourd’hui, encore évolutif pour toujours en optimiser les missions.
rue_lesdiguieres1_h183.jpg    rue_lesdiguieres2_250.jpg

Anciens locaux de la rue Lesdiguières

Le laboratoire d'anatomie : l'histoire d'une passion portée par des hommes exceptionnels

Nommés dans les premières années de la bi-appartenance, les pionniers de l’anatomie grenobloise étaient des enseignants-chercheurs remarquables et des chirurgiens prestigieux. Tous ont porté l’idée d’une anatomie clinique, pratique et utile à la médecine, dans laquelle se sont engagés tous leurs successeurs. Leurs travaux anatomiques ont été souvent visionnaires, utiles à bien des développements de la médecine, venus plus tard confirmer ces talents. Leurs cours étaient des modèles. Par leurs dessins à la craie au tableau, d’incroyables paysages anatomiques ont marqué des générations d’étudiants. Art éphémère, il imprimait pour longtemps les mémoires. Il révélait aussi d’autres talents artistiques qui occupaient leur vie personnelle : peinture, dessin et sculpture.

Autre marque bien spécifique encore laissée par ces maîtres que celle de leur fort engagement institutionnel. L’action du professeur Roger Sarrazin, sous ses mandats de doyen de l’UFR et de Vice-président de l’Université Scientifique et Médicale, aura été déterminante pour le devenir de notre institution. Liant par la mesure le visible et l’intelligible, intégrant les potentiels croisés de la médecine avec les sciences, il a initié cette spécificité, rapidement reconnue, de la recherche scientifique médicale à Grenoble tendant la main aux ingénieurs, physiciens, mathématiciens et chimistes.

Publié le 1 décembre 2021

Mis à jour le 7 décembre 2023